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"Ceci n’est pas une voiture" suite des opérations

Suite au précédent article, je me suis dis que ça serait pas mal de pousser le concept, et de mettre en place un blog comme vitrine de vos dessins de clitos. J’ai donc fait ça cette nuit et voici le résultat :

viveleclito.canalblog.com 


Sinon, le premier visuel ne me satisfait pas entièrement (soyons honnête, aucun ne me satisfera complètement, mais on peut tendre à mieux). Le précédent sondage donne le fond blanc gagnant, il sera donc à fond blanc pour cette fois. 

Voici donc l’ancien et le nouveau visuel en comparatif.

Je signale aussi à Ninouninon que son avis m’est indispensable en tant que premier acheteur ! 

asks:
Hey, salut! Ce truc sur le clitoris, c'est cool, en tous cas j'aime l'idée. As-tu pensé à pousser le truc un peu plus loin en créant (toujours sur sticker), une espéce de petit personnage, ou une bestiole genre "Cleatus le clitoris"? C'est juste une suggestion (j'ai voté pour fond noir, mais ça m'a l'air mal-barré.), j'aime l'idée de pouvoir coller des Stickers à droite à gauche et ça me ferait bien rire d'en avoir toute une série en plus de celle là. En attendant j'en ai pris 40, bonne journée!

Bonjour, et merci pour ton enthousiasme ! (c’est donc toi, la jolie première commande ^^) 

Oui, je pense effectivement à créer une espèce de petite mascotte, la forme se prête vraiment à ça en plus ! je vais y réfléchir entre deux taffs alimentaires. 
Au passage, je suis contente que tu écrives car je peux te le dire ici, j’ai fait un autre visuel pour ce premier sticker  et je vais les soumettre au vote également. Mais comme tu as déjà acheté, j’aimerais aussi avoir ton avis perso.
Bonne continuation ! 

"ceci n’est pas une voiture"

Il y a quelques jours, sur mes internets j’ai pu voir cet article du Gorafi pas mal relayé : "Sondage : 89% des hommes pensent que le clitoris est un modèle de Toyota". Même si maintenant la plupart de mes contacts connaissent le Gorafi comme étant un site parodique, la teneur des articles semble souvent suffisamment crédible pour que les nouveaux lecteurs se laissent encore piéger (cf la presse italienne, pour ceux qui ont suivi

Puis l’autre jour sur mon rézosocial favori, ce tweet : 


S’en suivi une discussion où l’on concluait que l’image du clitoris n’étant pas spécialement populaire, voir même inconnue pour pas mal de gens (certains ne savent pas encore qu’en vrai, un clitoris c’est ceci) et qu’on allait se mettre à en dessiner partout à la place des traditionnelles bites. C’était un peu sur le ton de la plaisanterie, mais de fait… ça serait sympa à gribouiller et à faire reconnaître. Ça serait ludique en plus.
Bref de plaisanterie en plaisanterie, j’en suis venue à l’idée d’en faire un sticker à placarder un peu partout, histoire de démocratiser ce bon vieux clito qui a lui aussi droit à son heure de gloire visuelle. 

Du coup, ni d’une ni de deux, me voici avec un visuel à vous proposer. Soit fond noir, soit fond blanc, soit autre chose, à vous de me dire. 
Et comme je ne suis pas spécialement très riche, il faudra pour les produire en vendre suffisamment en prévente (on va dire par exemple 5 euros frais paypal et frais de port compris pour 20 stickers) pour pouvoir les faire imprimer.
Je peux également passer le fichier en haute déf’ par mail, si vous voulez vous l’imprimer vous même.

Bref en tout premier lieu, choisissons un visuel :

image

Les stickers font 7,5 x 7,5 cm

Petite précision : je cherche encore un site d’information clair et complet à ce sujet à mettre sur le sticker. N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions, merci !

Et dites moi ce que vous choisiriez :

Si vous choisissez “autre visuel”, vous pouvez expliquer sur le sondage, il y a la place pour les commentaires ^^

Voilà ! 
Et pour les rapides, les premières préventes ! (1 lot à 5 euros : 20 stickers)

"Harcèlement de rue", antithèse

Le truc de ouf, l’autre jour en attendant le rer, y’a un mec qui m’a causé, ben je l’ai même pas envoyé bouler !

Oui parce que je les vois venir les gus qui se lamentent que oué, nous les filles, de toute façon, on peut jamais nous causer, sous prétexte que non effectivement, dans les transports en commun, par exemple, quand on a un livre devant les yeux et des écouteurs dans les oreilles, le message est clairement “Passe ton chemin, chui pas open”. Ou même sans ça, on devrait pas avoir besoin d’être ostentatoirement hostile pour qu’on nous foute la paix.

Ben si, on peut nous causer. La preuve, c’est arrivé pas plus tard que cette semaine. Je vous accorde que c’est rare, mais ça peut arriver.
Et ce qui fait la différence, je fais pas durer le suspens, c’est pas moi. Moi je suis jamais vraiment open pour causer à la base, ce jour là, pas plus qu’un autre. 

Alors c’était quoi le truc ?
Déjà, si je prend la conversation dans son ensemble, c’était une discussion “assexuée”. C’est à dire que si on enlevait le timbre de voix, il n’était pas possible de déterminer si on avait affaire à une fille ou un mec. A vous de vous demander pourquoi, je vais pas faire tout le travail non plus.
Donc au tout départ l’accroche. En 5 ans de vie sociale sur Paris, on a du m’aborder par cette phrase “Oh tu as les cheveux rouge !” (tu sais, au cas ou j’aurais pas remarqué, on sait jamais, c’est pas vraiment voyant en plus) environ 7897988767830321 fois, environ. Avec quelques variantes de type “Oh tu fais penser à un perso de BD… avec tes cheveux rouge”. Bel effort, mais rejoue encore. En fait non, rejoue pas, au revoir, merci.
Bref, cette fois ci, ce fut “Vous êtes éducateurs ?” grace à un admirable sens de l’observation de mon interlocuteur m’entendant causer dans le bus avec mes collègues.

Il ne fut fait aucun commentaire sur mon look, ni sur mon physique, en bien ou en mal, à aucun moment. A peine si mon interlocuteur me fit remarquer qu’il avait capté qu’on était “du même coté de la barrière” (entendre par là qu’on va aux mêmes concerts, on a grosso modo les mêmes idéologies, le même type de passe temps, certains signes visuels ne trompent effectivement pas) je dois admettre que ça, c’était le petit bonus perso qui fait que je n’ai pas rembarré dans les 5 secondes suivant l’accroche.

Exit le besoin d’être dans la démonstration et l’étalement de ses attributs et autres fonctions viriles “Attend moi chui un vrai dur, les mecs dans la ville, ils me la font pas, t’vois” bon ce genre de chose. Ou au contraire “tu sais, chui un mec sensible, si tu préfères ne pas me donner ton numéro, ne me le donne pas, mais m’en donne pas un faux c’est vraiment cruel, ça” (oui, on a tenté de me vendre le concept).

Appréciable également qu’aucune tentative de “faire plus connaissance, tu me donnant ton zerossisse, tu t’appelles comment au fait ? et t’as quel age ? oh didonc tu fais jeune !” ne fut effectuée. Le garçon s’est contenté d’avoir eu une conversation chouette et non dénuée d’interêt, il n’a pas eu les yeux plus gros que le ventre. Arrivé à destination, il est descendu de la rame sur une accolade verbale (aucun contact physique à part un serrage de paluche cordial).
Je me suis rendue alors compte qu’on ne s’était pas échangé les blases, qu'il n'avait pas cherché à savoir comment me revoir (et pourtant la conversation n’avait pas été pénible) et surtout que je n’avais ressenti à aucun moment le besoin de lui faire comprendre que j’avais déjà un copain !

J’avais donc pu avoir une discussion normal avec un inconnu dans les transports en commun, échanger des expériences, des points de vue. Oui, une conversation ça peut donc ne pas se résumer à me faire des commentaires sur qui et ce que je suis visuellement, à faire semblant de s’intéresser à ce que je lis ou écoute, et à découvrir à tout prix quel est mon numéro de portable, si j’ai déjà un copain (même si on est pas jaloux de toute façon *wink wink*) et où j’habite, on pourra prendre un café ensemble un de ces quatre ?
Là, indice, c’est exactement ce qu’il faut dire pour se faire rembarrer direct. Par moi en tout cas. Ca m’interesse pas, j’ai déjà eu cette conversation 7897988767830321 fois et la 1re était déjà de trop. 

Si ça vous parait trop compliqué de trouver d’autres accroches, d’autres sujets de conversations, je vous le dis direct, laissez tomber l’idée de faire connaissance dans la rue, ÇA NE MARCHE PAS ! Pas avec moi en tout cas, et pas avec un tas d’autres personnes (en fait je n’ai jamais rencontré de fille avec qui ça a marché)

En tout cas voilà, la preuve qu’on n’est pas réfractaire à la conversation, même avec des inconnus. Faut juste faire ça correctement. Je vous ai donné les trucs, enfin, ceux qui marchent avec moi, j’ai pas la prétention de dire que ça marche avec toutes les filles, on a pas toutes le même vécu, toutes les mêmes mauvaises expériences. Et si on rechigne à l’idée que ça implique de ne jamais revoir la personne, j’avoue que si il n’était pas descendu aussi vite de la rame, ben p’t’être bien que c’est moi qui lui aurait demandé, son zérossisse, tiens…

 

De l’acceptation de son petit nombril

Il y a quelques jours, il m’est arrivé un truc sensass’, un truc qui ne m’était pour ainsi dire jamais arrivé. 

J’étais donc en train de me rafraîchir l’arrière du crane au rasoir, vous savez, ce genre de coupe autogérée qui évite une perte franche et nette de 40 à 60 boules chez un coiffeur qui ne voudra jamais comprendre exactement ce que je souhaite.

Pour ce faire, c’est assez sportif : j’ai un miroir mural derrière moi, un rasoir dans une main et un miroir dans l’autre. 
Je peux ainsi voir quelque chose qu’on a peu souvent l’occasion d’observer, mon propre dos.

C’est alors que je réalise la chose. Que de dos, je me trouve vraiment pas mal (voire même carrément bonasse). Ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas dans mes habitudes (de me trouver bonasse). Et moi je sais que je ne le suis pas (bonasse, oui ça devient redondant). Comprendre : je ne correspond pas aux critères esthétiques de l’époque. Ni de devant, ni de derrière, ni de rien du tout.
Je ne peux donc consciemment pas être fière de mon physique au point d’être sure de moi en public comme le sont certaines jeunes personnes (mâles ou femelles). Et pourtant pour la première fois, non seulement j’acceptais une grosse part de mon physique, mais en plus je la trouvais vraiment pas mal du tout. 

J’ai réalisé que j’avais dépassé quelque chose, quelque chose qui non seulement m’empêchait de me voir telle que j’étais mais encore plus de m’accepter, et surtout de m’apprécier (du moins en partie), et qui empêche à l’heure actuelle une bonne grosse majorité de femmes de s’accepter et de s’apprécier de même. Voire même plus encore.
Je me pensais libérée de ça, mais j’étais juste dans l’acceptation de la différence, de la non conformité de mon physique aux normes de beauté physique. Je savais que je n’étais pas un modèle de gravure, et je l’assumais. Je n’en avais plus honte, voire même, je le revendiquais. Après tout la vraie beauté est intérieure, même si bon, hein !

Mais d’aller jusqu’à m’apprécier ? On en était encore loin. Pas si loin, finalement, et cette chose, je l’avais dépassé, cette chose martelée par les médias et la société de consommation, tellement bien intégrée même quand on se revendique d’appartenance féministe, qu’on ne se rend même plus compte jusqu’à quel point.
Pour protester contre cette chose, on se laisse alors parfois pousser les poils, on assume son gras, on s’habille sans tenir compte de rien que de nos propres envies, en clamant haut et fort qu’on en est fière, qu’on a pas peur du regard des autres, on fait la grande gueule devant les copines qui te disent que ouah c’est trop cool, moi j’oserais jamais, mais c’est toi qui a raison, hein. 
Mais de soi les yeux dans les yeux face au miroir, c’est pas toujours aussi facile. Pour moi en tout cas. Car si mes poils je ne les trouve ni laid ni beau, c’est plus fort que moi, je n’arrive pourtant pas à les laisser apparents, merci les bas rouge à rayures que je fétichise. 

Et pour une fois, sans avoir besoin de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, je me suis trouvée bien, avec mes courbes de hanches post-accouchement, avec ces plis qui accompagnent de façon assez sensuelles, je dois bien l’avouer, ces mêmes courbes. Je me suis rendue compte alors que ça correspondait à ce que j’appréciais chez les autres filles. 

Et je me suis rendue compte que cette acceptation, cette approbation intime de soi même, c’était une démarche qui était en route depuis le début de ma réflexion personnelle sur le féminisme, ma façon de voir les chose. Façon de voir que j’ai exploré et découvert en discutant avec les autres, avec celles - et ceux, aussi - qui faisaient cette démarche, cette lutte depuis plus longtemps que moi

Je ne m’en rendais pas compte, mais le féminisme m’a fait penser par moi même, m’a libérée de certaines contraintes qu’on s’impose sans y penser, sans s’en rendre compte, qui s’insinuent et prennent la place de nos propres personnalités. 
J’en ai pas encore fini, d’ailleurs, dans cette lutte, mais je sais maintenant qu’il est possible de gagner des batailles personnelles.


Rien que pour ça, moi aussi j’avais besoin du féminisme.